Idée

Dans une recherche itérative, ce que le corpus ne permet pas encore de comprendre décide de la recherche suivante

Idée principale

Dans une recherche documentaire menée par boucles — une préparation de conférence, une revue de littérature, un dossier d'instruction —, la recherche suivante n'a pas à sortir d'un plan fixé au départ. Elle peut être déduite de l'état du corpus déjà constitué : ce qui semble établi, ce qui ne repose que sur une source, ce qui reste incertain, les contradictions, les termes ambigus, les mécanismes mal compris, les zones surreprésentées et celles presque absentes.

La logique habituelle collecte d'abord et comprend ensuite. Celle-ci inverse l'ordre : on comprend assez pour décider ce qu'il faut chercher. Le corpus cesse d'être seulement le résultat de la recherche ; il en devient le moteur.

La question qui guide chaque nouvelle recherche change en conséquence. Ce n'est plus « quels sont les meilleurs articles sur ce sujet ? » mais « au regard de ce que nous savons déjà, quelle information serait la plus susceptible de changer notre compréhension ? ».

Pourquoi c'est important

Cela donne une raison d'exister à chaque nouvelle source : elle est cherchée parce qu'elle répond à un manque identifié, pas parce qu'elle est pertinente en général.

Et cela rend visibles les angles morts qu'une collecte massive laisse dans l'ombre : un manque devient une cible de recherche au lieu de rester un trou que personne ne voit.

Nuances et limites

Le diagnostic ne voit que ce que le corpus permet de soupçonner. Une dimension dont aucune source n'a jamais laissé de trace n'apparaît dans aucun état, et la boucle peut tourner longtemps sans la rencontrer.

Et la méthode suppose une couche qui décrit l'état du corpus — incertitudes, contradictions, manques. Sans elle, il n'y a rien à diagnostiquer, seulement une pile de documents.

Questions ouvertes

  • Qui produit le diagnostic quand la boucle est confiée à un agent : le même modèle qui a lu les sources, au risque de reconduire ses propres biais, ou un second regard ?