Idée principale
Une recherche d'antériorité peut toujours continuer : il y aura toujours un article de plus, un brevet de plus, une discipline, une langue, un mot-clé. Aucun état d'avancement ne dit qu'on a fini, et attendre ce signal revient à ne jamais s'arrêter.
Le critère retenu ne porte donc pas sur le volume trouvé mais sur l'effet de la trouvaille. Une source ne compte plus parce qu'elle ressemble à ce qu'on cherche : elle doit modifier la cartographie — être plus ancienne que ce qu'on avait, être nettement plus proche, réunir des mécanismes jusque-là séparés, ou obliger à changer la conclusion. Tout le reste est une variante d'un antécédent déjà placé.
Quand plusieurs sources consécutives n'améliorent qu'une date ou n'ajoutent qu'un exemple, la recherche a atteint sa saturation. Ce n'est pas une preuve d'exhaustivité — c'est un constat sur le rendement.
Pourquoi c'est important
Cela donne une sortie qui n'est ni la fatigue ni la démonstration impossible de l'absence. Sans critère, l'arrêt se décide au moment où l'on est lassé, c'est-à-dire à un moment sans rapport avec l'état de la connaissance.
Et cela discipline la recherche elle-même : demander à chaque source ce qu'elle déplace empêche d'accumuler des références qui ne servent qu'à montrer qu'on a cherché.
Nuances et limites
Le critère se juge sur la carte qu'on a déjà, donc sur ce qu'on a déjà trouvé. Une recherche mal partie sature vite, et sa saturation ne vaut rien.
Et il ne protège pas d'un antécédent isolé, très ancien et très proche, situé dans un corpus qu'on n'a jamais ouvert : celui-là ne modifiera jamais la cartographie, puisqu'il n'y entrera pas.
Questions ouvertes
- Combien de sources sans effet faut-il enchaîner avant de conclure à la saturation, et ce nombre dépend-il de l'ampleur du sujet ?