Idée

Passé un certain point, on cesse d'éprouver son hypothèse et on fabrique la ressemblance

Idée principale

Une recherche d'antériorité menée honnêtement cherche des contre-exemples : elle veut faire tomber l'hypothèse « cette partie de ma méthode est nouvelle ». Tant qu'elle y arrive, elle travaille.

Le basculement se repère à un signe précis : il faut désormais expliquer pendant dix lignes pourquoi un système pourrait vaguement être comparable. Quand l'analogie demande un paragraphe de justification, ce n'est plus la source qui ressemble, c'est le chercheur qui l'y amène. On ne met plus l'hypothèse à l'épreuve — on produit le résultat qu'on était venu chercher.

Le mécanisme est le miroir exact du biais de confirmation qu'on croyait avoir évité. Au début, on cherche inconsciemment ce qui confirme que l'idée est originale ; à la fin, ce qui confirme qu'elle ne l'est pas. Dans les deux cas, on a cessé de regarder.

Pourquoi c'est important

Cela donne un signal d'alerte observable au lieu d'une vigilance générale. « Reste critique » n'est pas actionnable ; « si l'analogie demande dix lignes pour tenir, arrête » l'est.

Et cela dit pourquoi une recherche d'antériorité a besoin d'une règle de clôture écrite d'avance : sans elle, la seule chose qui arrête la recherche est le moment où l'on trouve ce qu'on voulait trouver.

Nuances et limites

Certaines parentés réelles demandent effectivement une explication longue, parce que les deux domaines ne partagent aucun vocabulaire. La longueur de la justification est un indice, pas une preuve.

Et le signal arrive tard : il se manifeste une fois qu'on a déjà passé du temps à construire l'analogie, donc au moment où l'on est le moins disposé à la jeter.

Questions ouvertes

  • Qui peut repérer ce basculement chez quelqu'un qui cherche depuis des semaines, alors que l'intéressé est le dernier à le voir ?