Idée

Séparer la matière brute, ce qu'on en retient et ce qu'on livre est ce qui rend une affirmation attribuable

Idée principale

La transcription d'une interview utilisateur, l'hypothèse qu'on en tire, la décision qu'on prend ensuite et le brief qu'on génère finissent volontiers dans le même fichier, dans l'ordre où ils sont apparus. Rien n'est perdu : tout est là, dans un seul flux.

Ce qui est perdu est le statut de chaque phrase. Trois semaines plus tard, on ne sait plus si une affirmation est un verbatim d'utilisateur ou une interprétation qu'on en a faite, si une décision tient encore ou si une autre l'a remplacée, si un chiffre vient d'une source ou d'une estimation posée en passant. Le contenu est intact et sa provenance a disparu.

Tenir les sources, la mémoire de ce qu'on en retient et les productions dans des endroits distincts n'est donc pas une exigence de rangement. C'est ce qui permet, sur plusieurs mois, de continuer à dire d'où vient ce qu'on affirme — et c'est la seule protection contre un raisonnement qui se nourrit de ses propres sorties sans le savoir.

Pourquoi c'est important

Cela donne une raison de structurer qui ne dépend pas du confort de lecture. Un flux unique se lit très bien ; il devient simplement impossible à défendre dès que quelqu'un demande sur quoi repose une conclusion.

Cela change aussi ce qu'on attend d'un assistant qui écrit dans cet espace : produire au bon endroit, et non produire au bon format. Une interprétation déposée dans le dossier des sources devient une source pour la session suivante.

Nuances et limites

La frontière n'est pas toujours nette. Une note de synthèse contient des reformulations qui sont déjà des interprétations, et l'exigence de séparation ne tranche pas où placer une phrase qui fait les deux.

Et la séparation coûte au moment où l'on écrit, alors qu'elle rapporte beaucoup plus tard — un mauvais rapport pour un sujet qui ne durera pas.

Questions ouvertes

  • Que faire d'un livrable qui devient, avec le temps, la seule trace disponible d'une source qu'on n'a pas conservée ?