Idée principale
Sauvegarder un article, mettre une newsletter de côté, s'envoyer un lien à soi-même : aucun de ces gestes ne produit de connaissance. Il conserve une possibilité — la source pourra peut-être nourrir une note, un texte, une décision.
Trois niveaux séparent la possibilité du résultat : la capture conserve, la distillation transforme, l'action produit. Ce qui crée de la valeur commence au deuxième. Un dispositif qui s'arrête au premier n'a pas capitalisé, il a accumulé.
L'écart est facile à manquer parce que les deux gestes se ressemblent de l'extérieur : dans les deux cas il y a un fichier de plus. Mais la source non reprise reste exactement ce qu'elle était au moment où on l'a rencontrée, alors que la connaissance suppose qu'on l'ait reformulée, reliée, confrontée à ce qu'on savait déjà.
Pourquoi c'est important
Cela donne le bon indicateur d'un système de veille ou de lecture. Ce n'est pas le nombre de sources entrées, c'est le nombre de sources sorties transformées. Une boîte À lire qui grossit décrit un système qui échoue, pas un système qui travaille.
Cela explique aussi pourquoi le sentiment d'apprendre peut être entièrement décorrélé de l'apprentissage. Capturer donne la satisfaction du geste accompli, sans en avoir le rendement.
Nuances et limites
Certaines captures n'ont pas vocation à être distillées : garder une référence pour pouvoir la citer, ou une source pour préserver la traçabilité, est un usage documentaire légitime qui ne demande aucune transformation.
Et la reprise n'est pas toujours explicite : une source lue attentivement peut avoir déjà fait son travail sans laisser de note, même si le cas est plus rare qu'on ne le croit.
Questions ouvertes
- Peut-on mesurer le taux de reprise d'un système de capture sans instrumenter chaque source ?