Idée principale
Un espace de travail nourri pendant des semaines — des dizaines de sources, des notes, des journaux de session, des états successifs — ne peut pas être remis en entier dans une session d'assistant. Le choix n'est donc pas entre tout charger et ne rien charger : il est de décider, avant la session, ce qui entre systématiquement et ce qui n'entre que sur demande.
Le noyau est ce qui entre toujours, et il est court : la mission (pourquoi on est là), l'état courant (où en est le travail), le plan, les décisions prises, les contradictions encore ouvertes, une fiche de reprise. Quelques fichiers suffisent, et ils rendent l'assistant opérationnel immédiatement sans lui donner de bruit. Le reste — les sources brutes, les notes, les journaux — demeure sur disque, accessible mais absent, et n'est appelé que si la session en a besoin : une source précise à analyser, une note à enrichir, un état ancien à comparer.
Cette répartition ne tient pas sans être écrite quelque part. Un manifeste de chargement énonce l'ordre et la priorité : ce qui se charge toujours, ce qui est recommandé selon la phase en cours, ce qui reste disponible sans être chargé. C'est un plateau de chirurgien — les instruments essentiels sont déjà posés, les autres sont à portée, et rien d'inutile n'occupe la table.
Pourquoi c'est important
Cela fait du chargement une décision de conception, prise une fois et révisable, plutôt qu'un arbitrage refait à chaque ouverture de session par quelqu'un qui a autre chose à faire. Un tri laissé au moment de la session se fait mal : on charge ce qui est sous la main, pas ce qui compte.
Cela donne aussi un critère pour juger un espace de travail : s'il n'existe aucun sous-ensemble court qui permette de reprendre, c'est que l'état courant n'a jamais été écrit nulle part.
Nuances et limites
Un expert humain n'a pas besoin de ce dispositif : il a intériorisé l'essentiel de son dossier et va chercher un document précis quand il lui manque. Un assistant ne peut pas intérioriser — il n'a que ce qu'on lui donne, à chaque fois — et c'est cette différence qui rend la sélection explicite nécessaire ici et superflue là.
Et le noyau se périme : maintenu par personne, l'état courant décrit une situation d'il y a trois semaines, et il est chargé d'autant plus fidèlement qu'il est prioritaire.
Questions ouvertes
- Qu'est-ce qui signale qu'un fichier tenu hors du noyau aurait dû y être, puisque son absence ne produit aucune erreur visible ?