Idée principale
Charger des PDF dans NotebookLM ou dans une conversation ChatGPT et poser ses questions dessus : l'outil retrouve les passages proches de la question, les assemble, répond — puis tout est jeté. La question suivante repart des mêmes documents.
Ce qui manque n'est pas la vitesse. C'est le produit intermédiaire. Une question qui oblige à croiser cinq documents impose de refaire ce croisement à chaque fois, et un croisement fait dans l'urgence d'une réponse ne vaut pas celui qu'on aurait posé, relu et corrigé. Les idées restent faibles au sens précis où elles ont été extraites une par une de chaque source, sans jamais être mises en face les unes des autres.
Une synthèse, un lien entre deux concepts, une contradiction repérée entre deux auteurs sont des objets qui existent avant la question ou qui n'existent jamais. Aucun assistant ne les fabrique au moment où on l'interroge.
Pourquoi c'est important
Le diagnostic décide du remède. Attribuée au modèle, la faiblesse des réponses conduit à en changer ou à réécrire ses prompts — travail sans effet sur la cause. Attribuée à l'absence de tout artefact conservé entre deux questions, elle conduit à construire cet artefact, ce qui est un chantier d'une autre nature.
Cela donne aussi un critère pour juger un outil de recherche documentaire : non pas ce qu'il retrouve, mais ce qu'il laisse derrière lui une fois la réponse rendue.
Nuances et limites
Pour une question qui tient dans un seul document, la recomposition à la volée suffit largement, et consolider serait du gaspillage. L'écart n'apparaît que sur ce qui demande de croiser.
Et l'artefact conservé porte le risque inverse : il fige une lecture. La question suivante hérite alors de la consolidation qu'on a faite, plutôt que des documents eux-mêmes.
Questions ouvertes
- Comment estimer, avant de construire, quelle part des questions à venir exigera réellement de croiser plusieurs sources ?