Idée principale
Écrire un article, un guide ou une présentation depuis rien suppose un moment où tout se tient en tête à la fois : le sujet, ce qu'on en sait, l'ordre dans lequel le dire. Ce moment est coûteux, il ne se planifie pas, et son absence est ce qu'on appelle ordinairement le blocage.
Une base de notes déjà clarifiées le rend inutile, parce que chaque note est un palier acquis : une idée stabilisée, qu'on n'a pas à reconstruire pour la reprendre. Écrire devient un travail d'assemblage d'unités déjà comprises — la même note pouvant entrer dans un article, un guide, une conversation ou une autre note.
Le bénéfice le moins attendu porte sur ce qui manque. En assemblant des unités existantes, on voit vite les trous : les idées absentes, celles qui se répètent, celles qui appelleraient un lien qu'on n'a jamais posé. Ce diagnostic n'est pas disponible quand tout s'écrit d'un bloc.
Pourquoi c'est important
Cela requalifie l'atomicité. Ce n'est pas une méthode de rangement dont le bénéfice serait de retrouver ses notes : c'est une méthode d'écriture, dont le bénéfice se constate au moment de produire un texte.
Et cela redistribue l'effort dans le temps. Le travail de clarification se paie à la lecture, par petits morceaux, au lieu d'être concentré dans la séance d'écriture — où il coûte le plus cher, parce qu'il faut le faire vite et sur tout à la fois.
Nuances et limites
L'assemblage ne produit pas un texte. Il fournit des paliers, pas une progression, et la thèse, l'ordre, les transitions restent à écrire — un texte purement assemblé se lit comme une liste.
Et le bénéfice suppose que les notes aient été clarifiées pour elles-mêmes. Des notes écrites en vue d'un article donné s'assemblent bien une fois, puis ne resservent pas.
Questions ouvertes
- À partir de quelle densité de notes l'assemblage devient-il réellement moins coûteux que l'écriture directe ?