Idée principale
Un Product Manager qui revient trois fois sur la même intuition à trois semaines d'écart ne se répète pas tout à fait. La deuxième fois, il l'énonce autrement ; la troisième, il y ajoute un cas client qu'il n'avait pas en tête. Vu d'un système de recueil, ce sont trois entrées qui se ressemblent. Vu du travail réel, c'est une idée qui se précise.
Traiter cette ressemblance comme une redondance à supprimer détruit exactement ce qui progressait. Le dédoublonnage garde l'énoncé le plus net, c'est-à-dire souvent le premier — le plus général, le moins situé — et jette les deux nuances qui lui donnaient sa portée.
Ce qui doit absorber la répétition n'est donc pas le canal d'entrée, qui la reçoit telle quelle, mais l'ingestion : sa tâche est d'accréter les nuances dans une connaissance plus fine, pas de produire trois fiches quasi identiques ni d'en garder une seule.
Pourquoi c'est important
Cela fixe une exigence technique dont dépend tout le reste du dispositif. Un mécanisme qui ne sait qu'ajouter produira des doublons jusqu'à rendre la base illisible ; un mécanisme qui déduplique par similarité perdra la matière la plus mûre. Les deux échecs viennent du même défaut : la répétition n'a pas été traitée comme un signal.
Cela change aussi ce qu'on demande à celui qui dépose : rien. Il n'a pas à vérifier s'il a déjà dit la chose, ce qui est précisément le contrôle qui décourage le dépôt.
Nuances et limites
Toute répétition n'est pas une maturation. Redire la même chose à l'identique, sans ajout ni déplacement, n'apporte que la confirmation qu'on y tient encore.
Et l'accrétion a une limite de forme : à force d'absorber des couches, une connaissance devient un texte long où la nuance décisive n'est plus repérable. Accréter suppose donc aussi de réécrire.
Questions ouvertes
- Comment distinguer, à l'ingestion, une nuance qui enrichit une idée d'une nuance qui en ouvre une autre et devrait s'en séparer ?