Idée principale
Indexer tout le code d'un produit dans un moteur de recherche par le sens est redoutablement efficace pour retrouver une règle enfouie au milieu d'un fichier, que rien dans son nom ne signalait. C'est ce que ces moteurs font de mieux, et aucune énumération ne le remplace.
Mais un tel moteur répond toujours, et il répond par un classement : voici les dix passages les plus proches de votre question. Il ne dit jamais « il n'y en a pas ». Une recherche qui ne ramène rien d'intéressant peut donc signifier deux choses — la chose n'existe pas, ou la question était mal posée — et rien ne permet de trancher.
D'où l'ordre : énumérer d'abord, chercher ensuite. Ce qui est certain vient en premier, ce qui est probable vient en complément. Dans l'autre sens, on obtient une description faite de ce que le moteur a bien voulu remonter.
Pourquoi c'est important
C'est la différence entre un instrument de rappel et un instrument d'inventaire, et elle décide de ce qu'on a le droit de conclure. Prendre l'un pour l'autre produit un travail qui paraît exhaustif et dont la couverture dépend en réalité de la formulation des questions posées.
Elle vaut pour tout dispositif qui classe au lieu de dénombrer — recherche documentaire, réponse d'assistant, recommandation : aucun ne signale ce qu'il n'a pas trouvé.
Nuances et limites
Deux détails coûtent cher à l'usage et n'ont rien à voir avec le principe : un index a sa propre date, souvent en retard sur la source qu'il prétend couvrir ; et la question doit être posée dans la langue du corpus — une requête en français sur un code écrit en anglais donne des résultats médiocres même quand la réponse s'y trouve.
La règle n'interdit pas de commencer par une recherche pour se faire une idée : elle interdit d'en tirer une conclusion d'absence.
Questions ouvertes
- À quoi ressemblerait un moteur qui saurait répondre « il n'y a rien », et que faudrait-il lui donner comme dénombrement pour qu'il le puisse ?