Idée principale
Un espace de travail qui abrite plusieurs projets — une documentation technique d'un côté, une veille concurrentielle de l'autre — produit dans la même journée des échanges qui n'ont rien à voir entre eux. Une mémoire globale les empile dans le même fichier, dans l'ordre où ils sont arrivés.
Ce qu'on perd alors n'est pas le contenu, c'est la possibilité de le recharger. Reprendre la veille concurrentielle le lendemain matin demande d'ingérer aussi tout ce qui a été dit sur la documentation technique : la moitié de ce qu'on remet dans la session est du bruit pour le travail en cours, et le bruit occupe la place de ce qui compte.
Le cloisonnement se règle donc là où la mémoire s'écrit, pas là où on la lit. Chaque sous-projet reçoit son propre répertoire memory_sessions/, et le tri se fait au moment de consigner : l'échange est rattaché au projet qu'il concerne, et il n'apparaîtra jamais dans la mémoire des autres. Un filtre appliqué à la lecture arriverait trop tard — il faudrait avoir tout relu pour savoir quoi écarter.
Couche apportée par « Les systèmes d'information ne vont pas disparaître. Leur forme va changer. » (2026-07-08). Le même découpage tient à l'échelle d'une entreprise, où les périmètres portent des noms de métiers : le support n'a pas besoin de la mémoire du produit, le marketing ne découpe pas comme l'engineering, la direction ne travaille pas au niveau de détail de l'équipe qui exécute. Ce que cette échelle ajoute est une exigence que le cas d'un poste de travail ne faisait pas apparaître — ces périmètres doivent pouvoir se parler. Cloisonner reste la condition du rechargement ; ce n'est pas la condition de l'isolement.
Pourquoi c'est important
Cela fait du découpage de la mémoire une décision d'architecture, à prendre avant la première ligne écrite, et non un rangement à faire plus tard. Une mémoire mélangée ne se démêle pas : rien dans le texte ne dit à quel projet chaque ligne appartenait.
Cela donne aussi un critère simple pour dimensionner un contexte : le bon périmètre de mémoire est celui qu'on voudra recharger en bloc.
Nuances et limites
Le cloisonnement coupe ce qui traverse. Une décision d'outillage prise en travaillant sur un projet vaut souvent pour tous, et s'enferme dans celui où elle a été prise.
Et le rattachement est lui-même un jugement : un échange qui touche deux projets doit être classé, et ce classement peut se tromper.
Questions ouvertes
- Où consigner ce qui vaut pour tous les projets sans le recopier dans chacun ?