Idée principale
Un espace de travail qui accumule pendant des semaines doit alléger ce qu'il présente, sinon il devient inutilisable : un état courant qui enfle, une liste d'actions illisible, des fichiers qu'on recharge sans les lire. Le réflexe est d'effacer ce qui ne sert plus. C'est un contresens sur ce qu'on cherchait.
Ce qu'on veut alléger, c'est ce qui est présenté au moment de reprendre — pas ce qui existe. Les deux se séparent proprement : une information qui ne sert plus sort du chargement par défaut, se resserre ou s'archive, et reste sur disque. Une idée remplacée par une autre n'est pas écrasée : elle est marquée comme remplacée, garde son identifiant, et pointe vers celle qui prend le relais. On ne supprime réellement que dans deux cas — une erreur manifeste, un doublon sans ambiguïté.
La contrepartie de cette précaution est la seule chose qui donne sa valeur au dispositif. Une conviction doit pouvoir être défendue deux mois plus tard, alors qu'elle a été remplacée depuis : il faut pouvoir remonter à ce qu'on pensait à l'époque et à ce qui le fondait. Un raisonnement dont l'historique a été effacé ne se défend plus — il ne reste qu'une position, sans le chemin qui y menait.
Pourquoi c'est important
Cela dissocie deux gestes qu'on confond sous le mot « nettoyer ». Alléger un chargement est réversible et se décide souvent ; supprimer est irréversible et ne devrait se décider presque jamais. Les tenir pour un seul geste conduit à payer le prix du second chaque fois qu'on voulait seulement le premier.
Cela explique aussi pourquoi un système de fichiers ne doit pas imiter le cerveau sur ce point. L'oubli humain est une force parce qu'il libère ; ici, ce qui libère est la sélection à l'entrée, et l'effacement n'apporte rien de plus qu'une perte.
Nuances et limites
Ce qui est sorti du chargement par défaut est, en pratique, oublié : personne ne va le rechercher, sauf circonstance exceptionnelle. La différence avec une suppression n'est réelle que le jour où quelqu'un remonte la chaîne, et ce jour-là est rare.
Et l'accumulation a un coût propre. Des versions remplacées qui s'empilent rendent la recherche plus difficile, et le fait de garder une idée ancienne ne dit pas d'elle-même laquelle des deux faisait autorité à une date donnée.
Questions ouvertes
- Comment retrouver ce qui a été sorti du chargement par défaut, quand on ne sait plus qu'il existe ?