Idée principale
Un document de méthode qui se présente comme complet ment, parce qu'aucune méthode ne l'est au moment où on l'écrit. Le document de méthode d'un chantier de description de produit porte donc une section explicite de questions non tranchées : jusqu'où pousser la rigueur du format, comment rattacher une donnée ancienne au bon état d'un objet repensé depuis, qui relit une fiche et selon quels critères avant qu'elle entre dans le référentiel, à quel rythme remettre le point de départ à jour.
Ces lignes ne sont pas des excuses. Ce sont des questions posées, donc traitables, et la section rétrécit à mesure qu'elles se tranchent. Un document sans cette section n'a pas moins de trous : il a les mêmes, non écrits, et chaque lecteur les redécouvre en s'y heurtant.
La même mécanique s'applique aux choix négatifs, écrits à côté : ce qu'on a décidé de ne pas faire — pas de reconstitution de l'histoire du produit, périmètre fermé sur les exports de données, pas d'outillage savant tant qu'aucun usage ne le réclame.
Pourquoi c'est important
Cela change le statut d'une méthode : d'un texte prescriptif qu'on applique ou qu'on rejette, elle devient un objet en cours dont on peut voir la maturité. Un lecteur sait tout de suite où il devra décider lui-même.
Et cela fournit le plan de travail du prochain tour : la liste des questions ouvertes est l'ordre du jour de la prochaine version.
Nuances et limites
La section peut servir de refuge : y loger une question dispense de la trancher, et une liste qui ne rétrécit pas signale qu'on a remplacé la décision par son inventaire.
Elle ne remplace pas non plus la discipline d'écrire ce qui est tranché : une méthode dont les certitudes restent implicites n'est pas rendue honnête par l'aveu de ses incertitudes.
Questions ouvertes
- À partir de quand une question laissée ouverte devient-elle un choix par défaut, que plus personne ne rouvrira ?