Idée

Un comité qui donne sa place à chaque fonction protège aussi chacun du moment de trancher

Idée principale

La qualité d'un comité et son vice viennent du même geste. Inviter le commerce, le support, la finance, le produit et le terrain rend visibles des rationalités qui ne remontent pas seules : les objections que la direction n'entend pas, les irritants absents des tableaux de bord, le coût de toute ambition, les dépendances invisibles depuis le marketing. C'est ce qui rend la discussion utile.

Mais donner une place à chacun revient aussi à garantir à chacun qu'il ne sera pas, seul, celui qui perd. Tant que chaque rationalité est écoutée, aucune n'a encore été déclarée secondaire. Le comité permet d'entendre sans trancher, de reconnaître les contraintes sans dire lesquelles passeront après, et de produire une forme d'accord avant d'avoir regardé ce que cet accord coûte.

Ce n'est donc pas un dysfonctionnement à corriger par de meilleures invitations : la protection est le revers exact de la représentation.

Pourquoi c'est important

Cela déplace la critique habituelle du comité. Le problème n'est pas qu'il y ait trop de participants, trop de réunions ou trop de comptes rendus ; c'est que la représentation, qui est sa raison d'être, produit mécaniquement un abri contre le choix.

Cela empêche aussi le remède naïf — réduire le nombre de personnes dans la pièce — qui supprime la qualité en même temps que le vice.

Nuances et limites

La protection n'est un problème que lorsque la discussion a déjà fait apparaître une incompatibilité réelle. Sur un sujet encore exploratoire, écouter sans trancher est exactement ce qu'il faut faire.

Et certains comités tranchent : quand le mandat dit qui décide, la représentation ne protège plus personne du moment du choix.

Questions ouvertes

  • Quel signal, dans une séance, indique que la discussion a cessé d'être une exploration et que la protection commence à jouer ?