Idée

Dans un groupe qui suit un dossier, chacun suppose raisonnablement que les autres savent ce qu'il sait, et personne ne sait ce que l'autre ignore

Idée principale

Trois bénévoles suivent le ravalement d'une résidence. L'un pense que tout le monde a compris que la nacelle était repoussée. Une autre croit que l'infiltration du cinquième étage a déjà été évoquée par mail. Le troisième suppose que ses trois semaines de retard de lecture ne lui ont rien fait manquer d'important.

Trois suppositions raisonnables, et trois manières de prendre une mauvaise décision à la prochaine réunion. Chaque membre détient un morceau différent du dossier, et personne ne sait ce que l'autre ignore : la lacune n'est visible de nulle part, puisque chacun la situe chez lui comme une évidence partagée.

Pourquoi c'est important

Le défaut ne vient d'aucune négligence individuelle. Il naît de la répartition elle-même : plus l'information circule par des canaux personnels, plus chacun surestime ce que les autres en savent. C'est pourquoi les rappels de bonne pratique — « tenez-vous informés » — ne le corrigent pas.

Cela donne un critère : un dispositif de suivi collectif se juge à sa capacité à rendre visible ce que l'un sait et que les autres ignorent, pas seulement à stocker ce que chacun sait.

Nuances et limites

Une partie de cette asymétrie est saine : tout le monde n'a pas besoin de tout savoir. Le risque porte sur ce qui conditionne une décision commune.

Questions ouvertes

  • Comment repérer, avant une réunion, l'information que chacun croit partagée et qui ne l'est pas ?