Idée

Les phrases qu'on se redit à chaque reprise désignent ce qu'un travail qui dure doit tenir hors de l'ordre chronologique

Idée principale

Avant d'avancer, chaque réunion d'un conseil syndical commence par le même rituel : la piste écartée (refaire tout le bâtiment C, trop cher cette année), la date fragile (la fin de chantier donnée à l'oral, jamais confirmée), le point en attente (le copropriétaire du troisième B et ses volets), la relance due (le syndic sur la retenue de garantie), l'endroit où l'on en est (la réception du bâtiment B).

Ce sont exactement les phrases qu'on retape à une IA en rouvrant une conversation vieille de plusieurs jours : le public visé, la piste écartée, le chiffre fragile, l'endroit où l'on en était. Dans les deux cas, tout ce qu'on redit existe déjà — mais rangé dans l'ordre où cela a été dit.

Ces phrases ne sont pas du bruit. Elles désignent l'ordre qu'un travail qui dure demande et qu'une conversation, un fil de mails ou une réunion ne tiennent pas : une décision ancienne doit empêcher de rouvrir la même discussion, une information fragile doit rester signalée comme fragile, un point en attente doit réapparaître au bon moment, la prochaine étape doit être visible sans relire ce qui précède.

Pourquoi c'est important

Cela donne une méthode pour savoir quoi écrire dans l'état d'un dossier : écouter ce qu'on se redit en début de séance. Ce qui revient à chaque fois est précisément ce que personne ne tient.

Le rapprochement entre réunion humaine et conversation avec une IA montre aussi que le problème n'est pas propre aux machines : l'IA ne fait que rendre visible un défaut d'ordre que les groupes humains compensent par leur mémoire.

Nuances et limites

Toutes les phrases répétées ne méritent pas d'être écrites : certaines servent à remettre un groupe en route plus qu'à l'informer.

Questions ouvertes

  • Combien de reprises faut-il observer avant de savoir quelles phrases reviennent vraiment ?