Idée

Une architecture conceptuelle se teste sur l'objet qu'elle n'avait pas prévu, pas sur les cases qu'elle a remplies

Idée principale

Une arborescence fonctionne toujours bien sur les objets pour lesquels elle a été dessinée. On sait où ranger une source, une note, une décision, un livrable, parce qu'une place a été prévue pour chacun. Vérifier que chaque fichier connu possède une case ne mesure donc rien : c'est vérifier qu'un plan couvre ce qu'il a servi à établir.

L'épreuve arrive avec l'objet qu'on n'avait pas anticipé. Un guide de traduction n'existait pas quand le cadre d'un espace de travail a été défini — personne n'avait prévu qu'un livre serait traduit pendant qu'il continuait d'évoluer, ni que ces traductions demanderaient un jeu de règles assez stable pour traverser plusieurs langues et plusieurs séances. La question devient alors : les distinctions posées permettent-elles de trancher, ou faut-il en inventer une nouvelle pour l'occasion ?

Une architecture est robuste quand elle range correctement un objet qu'elle n'avait pas prévu. C'est la seule mesure qui apporte une information, parce que c'est la seule que le concepteur ne peut pas régler d'avance.

Pourquoi c'est important

Cela déplace ce qu'on cherche quand on évalue un plan de classement. La complétude — chaque chose a sa place — est un indicateur de confort ; la capacité à absorber l'inattendu est un indicateur de conception. Les deux peuvent diverger complètement : un plan exhaustif fondé sur une liste d'objets connus s'effondre au premier objet hors liste.

Cela suggère aussi une manière de faire : soumettre délibérément une architecture naissante à un cas qu'elle n'a pas servi à construire, plutôt que de la valider sur son corpus d'origine.

Nuances et limites

Une architecture peut passer le test sur un objet et échouer sur un autre ; le résultat ne se généralise pas, il s'accumule.

Et l'épreuve ne dit pas si la réponse est bonne. Elle dit qu'une réponse a pu être tirée des distinctions existantes — ce qui est compatible avec un rangement discutable, défendu par un critère qui tient debout.

Questions ouvertes

  • Peut-on fabriquer volontairement des objets d'épreuve pour une architecture, ou perdent-ils toute valeur dès qu'ils sont choisis par celui qui a dessiné le plan ?