Idée principale
Une mémoire longue s'écrit par ajouts : chaque jour, ce qui a été jugé durable vient s'inscrire à la suite. Rien dans ce mouvement ne retire jamais rien, et un fichier qui ne fait que croître finit par être aussi coûteux à lire que l'historique qu'il devait remplacer.
Un plafond arbitraire — trois cents lignes dans long_memory.md — transforme ce mouvement en cycle. Dépasser la limite déclenche une consolidation : on relit, on fusionne ce qui dit deux fois la même chose, on archive ce que la suite du projet a rendu faux, et le fichier revient sous la barre. La limite n'a pas besoin d'être juste ; elle a besoin d'exister, parce que c'est elle qui produit l'occasion de relire.
Sans plafond, la relecture reste une bonne intention que rien ne déclenche. La contrainte de taille est ce qui la rend obligatoire — et ce qui fait de la mémoire longue un condensé plutôt qu'un second journal.
Pourquoi c'est important
Cela donne une forme concrète à une exigence qu'on formule d'ordinaire sans moyen de l'appliquer : une connaissance ne vaut que si elle est entretenue. L'entretien ne se décrète pas, il se déclenche.
Et le plafond dit quelque chose du contenu, pas seulement du volume : une mémoire bornée oblige à arbitrer entre deux faits durables, donc à hiérarchiser ce qui n'aurait jamais été comparé.
Nuances et limites
La consolidation détruit. Fusionner deux entrées efface la circonstance dans laquelle chacune a été écrite, et l'archive garde le texte sans garder la raison de l'avoir retenu.
Et un plafond trop bas fabrique des amnésies régulières qu'aucune alerte ne signale : ce qui sort de la mémoire longue sort silencieusement.
Questions ouvertes
- Qui relit la consolidation, sachant qu'elle est faite par le même agent qui a écrit les entrées ?