Idée principale
Constater qu'un document fini ne conserve pas le raisonnement pourrait conduire à le déclasser. Ce serait rater sa fonction.
Sa valeur ne tient pas à ce qu'il garde mais à ce qu'il exige : il oblige à clarifier, à choisir, à couper, à formuler. Écrire un article, monter une présentation, rédiger une spécification met la pensée au contact d'un lecteur, d'un comité, d'un développeur — ce qu'aucune note ne fait. C'est ce qui rend un travail transmissible, et c'est irremplaçable.
Ce qu'il faut cesser de lui demander, c'est de tout porter : il n'a pas à contenir toutes les sources, ni à conserver toutes les alternatives, ni à exposer toutes les incertitudes, ni à devenir la mémoire du sujet. La mémoire doit exister ailleurs.
Pourquoi c'est important
Cela évite le renversement facile qui consiste à opposer la note au document. Les deux ont chacun une fonction que l'autre ne peut pas tenir : l'une conserve sans contraindre, l'autre contraint sans conserver.
Cela donne aussi une raison positive de produire des livrables même quand personne ne les réclame : la contrainte de forme fait avancer la pensée, indépendamment du destinataire.
Nuances et limites
La contrainte n'est féconde que si elle est réelle. Un document que personne ne lira n'oblige à rien et n'exerce pas cette fonction.
Et toutes les contraintes de forme ne se valent pas : certaines forcent à clarifier, d'autres seulement à remplir des cases.
Questions ouvertes
- Ce que la contrainte fait apparaître doit-il être reversé dans les notes, et sous quelle forme ?