Idée

Une synthèse peut porter plusieurs idées tant qu'elles servent le même angle

Idée principale

La règle du centre de gravité unique — tout ce que contient une note sert la même idée — vaut pour la brique, pas pour l'assemblage. Une page qui met plusieurs notes en relation porte nécessairement plusieurs idées : ce sont celles des notes qu'elle relie. Lui appliquer la règle de la brique reviendrait à lui interdire d'exister.

Ce qui remplace la règle n'est pas son abandon. L'unité se déplace : de l'idée vers l'angle. Plusieurs propositions cohabitent légitimement si chacune contribue à la même lecture ; une proposition qui ne contribue à rien de cette lecture n'a pas sa place, même si elle traite du même sujet.

La différence entre les deux objets est donc fonctionnelle et non quantitative. Une brique stabilise une idée pour qu'on puisse s'y appuyer ; un assemblage organise un petit ensemble de briques pour qu'on voie ce qu'elles dessinent.

Pourquoi c'est important

Cela désamorce un faux procès. On reproche souvent à une page d'assemblage de « parler de plusieurs choses », ce qui est sa fonction ; le vrai reproche, quand il est fondé, est qu'elle parle de plusieurs choses qui ne servent pas la même lecture.

Cela donne aussi la bonne question de tri quand la page grossit : non pas « combien d'idées y a-t-il ici ? », mais « laquelle de ces idées ne sert pas l'angle ? ».

Nuances et limites

L'angle peut être formulé assez vaguement pour tout accueillir. « La connaissance en entreprise » se fait passer pour un angle et fonctionne comme un sujet : l'unité qu'il garantit est nulle, et la règle cesse de mordre.

Et un assemblage qui porterait dix idées ne serait plus lisible, même avec un angle net : l'absence de limite quantitative ne vaut que dans une petite constellation.

Questions ouvertes

  • Y a-t-il une façon de tester un angle avant d'assembler, autrement qu'en constatant après coup qu'il n'a rien exclu ?