Idée principale
Contester la séparation entre conception et livraison n'impose pas de supprimer le poste qui l'incarne. Une équipe travaillant sur un logiciel de santé réglementé, avec une base de code ancienne, a gardé son Product Owner et redistribué le contenu du rôle : le développeur porte une partie de la vision produit, le Product Owner conçoit. Les personnes restent, la ligne de partage se déplace.
C'est une issue distincte de la suppression, et souvent la seule praticable : dans un domaine contraint par la réglementation et par l'héritage technique, la connaissance accumulée par les titulaires du poste vaut plus que la pureté du découpage.
Ce qui devient indéfendable est la courroie de transmission — la fonction qui consiste à faire passer l'information d'un côté à l'autre — pas les personnes ni le siège qu'elles occupent.
Pourquoi c'est important
Cela rend une critique de découpage applicable : elle débouche sur une redistribution de responsabilités, dont le coût social est faible, plutôt que sur une suppression de postes.
Et cela fournit un critère de réussite observable : après redistribution, chaque décision doit avoir un titulaire qui en verra les conséquences, quel que soit son intitulé.
Nuances et limites
La redistribution peut n'être que nominale : si le développeur reçoit une part de vision produit sans le temps ni le mandat d'arbitrer, la courroie de transmission survit sous un autre nom.
Et une organisation peut redistribuer si finement que plus personne ne tient l'ensemble, ce qui recrée par dispersion le problème de responsabilité qu'on cherchait à résoudre.
Questions ouvertes
- Quel signe distingue une redistribution effective d'un habillage, six mois après l'avoir décidée ?