Idée

Un stock de défauts crée son propre travail d'entretien, distinct de la correction

Idée principale

Une file de défauts ne dort pas. Elle demande de vérifier si le défaut existe toujours, s'il est encore reproductible, si le client qui l'a signalé est encore client, s'il reste prioritaire, s'il doit passer devant une autre anomalie. Il faut relire, requalifier, replanifier, tenir le comité, produire les tableaux.

Ce travail est réel, récurrent, et proportionnel à la taille du stock. Il n'améliore rien. Prioriser un défaut tous les mois n'est pas le traiter : c'est accepter qu'il reste là, et le payer chaque mois.

L'énergie va alors à l'administration des défauts plutôt qu'à la restauration de la qualité.

Une seconde charge accompagne la première, et elle ne se mesure dans aucun tableau : une liste sans fin entretient une tension permanente — tout ce qu'on n'a pas fait, tout ce qu'on fera peut-être, tout ce qu'on garde au cas où, tout ce qui attend sans raison claire. Une file qui grossit fatigue les gens qui la relisent, indépendamment du travail qu'elle contient.

Couche apportée par « Le backlog n'est pas un dépotoir : c'est un outil d'action » (2026-06-03).

Pourquoi c'est important

Le coût d'une file de défauts ne se lit pas dans les défauts non corrigés. Il se lit dans la comptabilité qu'ils imposent — invisible, parce qu'elle a toutes les apparences du pilotage : des filtres, des priorités, des tableaux, un comité.

Cela donne aussi un critère de sortie : si l'entretien du stock dépasse le coût des corrections qu'il diffère, le stock a cessé d'être un arbitrage.

Nuances et limites

Pour un petit nombre d'éléments, en phase de transition, cet entretien reste marginal et le stock reste lisible.

Et une partie de ce travail est utile indépendamment du stock : savoir si un défaut est encore reproductible sert aussi à corriger.

Questions ouvertes

  • À partir de quelle taille la relecture périodique du stock coûte-t-elle plus que les corrections qu'elle diffère ?