Définition courte
Matière primaire produite au fil d'un échange de travail, qui conserve la parole telle qu'elle est sortie ainsi que ce qui a été précisé, corrigé, validé ou refusé pendant cet échange.
Définition détaillée
Le mot « source » désigne d'ordinaire un document produit ailleurs, fini, qu'on lit une fois. La source de session s'en distingue sur un seul trait : elle grandit pendant qu'on travaille, et elle peut répondre — on peut lui demander sur-le-champ ce qu'on a voulu dire.
Dans les articles de ce blog, elle est ce qui reçoit une pensée parlée, avant toute mise en forme. Elle est orale, désordonnée, parfois répétitive ou incomplète, et cette tenue n'est pas un défaut toléré : c'est sa fonction. Elle conserve aussi la trace de l'échange lui-même, pas seulement le monologue initial.
Couche apportée par « Source de session : ce que vos documents ne capturent pas » (2026-07-20). Le terme ne se limite pas à la longue discussion de travail. Il désigne un canal, et ce canal reçoit aussi bien une session entière où un Product Manager explique un client, corrige une hypothèse et ajoute des détails, qu'une remarque lâchée par un client en fin d'appel, une phrase entendue dans un couloir ou une tension qu'on commence seulement à nommer. Sa fonction est de recevoir une pensée en dessous du seuil qui justifierait un document, et sa valeur ne se constate jamais sur un dépôt isolé : elle vient du cumul. Trois conditions la rendent utilisable — un but et un focus, faute de quoi elle devient un fourre-tout ; une séparation tenue entre la matière primaire qu'elle conserve et les notes qui formalisent ce qui mérite d'être réutilisé ; une ingestion capable d'accréter la répétition plutôt que de la dupliquer ou de la dédoublonner. Elle relève donc d'une logique de maturation plus que d'archivage.
Usage dans le domaine
Employé pour désigner le point d'atterrissage d'une capture, et pour distinguer ce qui est fidèle au moment de ce qui est mis en forme pour un lecteur.
Employé aussi, à l'échelle d'une équipe produit, pour nommer la troisième famille de matière d'un espace de travail — celle qu'aucun outil n'émet, à côté de la curation documentaire et du recueil utilisateur industrialisé.
Synonymes et variantes
« matière brute », « matière primaire » quand l'accent porte sur la place dans la chaîne plutôt que sur le mode de production.
À ne pas confondre avec
- brouillon — premier état d'un texte destiné à être publié, déjà organisé et déjà interprété. La source de session est ce sur quoi le brouillon s'appuie, et elle lui survit.
- note — ce qu'on a compris, reformulé et rendu autonome. La source garde ce qui a été dit, la note garde ce qu'on en a tiré.
- transcription — restitution écrite d'une parole, sans lien avec un espace de travail ni avec un échange. Une transcription peut devenir une source de session, elle ne l'est pas par nature.
- transcript d'entretien — restitution complète et immuable d'une réunion ou d'une interview, versée telle quelle. Elle est close au moment où elle est produite, là où une source de session grandit.
- note de réunion — compte rendu rattaché au périmètre de la réunion : un projet, une feature, un client, une décision. Elle peut alimenter un contexte sans devenir pour autant une source de session.
- historique de conversation — suite complète des messages d'un échange avec un assistant, conservée par l'outil. Une source de session retient ce qui a été volontairement versé, pas ce qui s'est déroulé.
- base documentaire — ensemble des références et des traces conservées pour être retrouvées. Elle garde ce qui est établi, la source de session garde ce qui est en train de se formuler autour.
Exemples
Une idée d'article parlée dans la rue, ajoutée directement au bon ensemble de travail, puis complétée le soir par les précisions apportées en discutant : l'ensemble forme une seule source de session.
Ambiguïtés / débats
Le statut des corrections apportées pendant l'échange n'est pas tranché : elles appartiennent à la matière, mais elles sont déjà une interprétation de ce qui a été dit.