Idée principale
Les comparaisons de moyens de paiement se font ordinairement sur le confort et le coût : rapidité, nombre de gestes, frais. Ce cadre suppose un environnement où payer n'expose à rien.
Dans l'État de Rio, il expose. On déconseille aux visiteurs les taxis classiques à cause du risque de clonage de carte, et les habitants recommandent Uber, où le paiement passe par l'application. Payer par QR code évite de tendre sa carte à un commerçant ou à un chauffeur. Du côté du vendeur, encaisser par virement instantané évite de garder toute la recette de la journée en espèces, donc de devenir une cible.
Le même geste répond alors à une question différente : non pas « quel est le moyen le plus pratique ? » mais « quel est celui qui m'expose le moins ? ».
Pourquoi c'est important
Cela explique des adoptions qu'une analyse de commodité ne prédit pas, et donc des échecs de produit : une solution plus rapide mais qui remet la carte en main d'un tiers ne gagnera pas contre une solution plus lente qui ne l'exige pas.
Et cela rend lisible un argument de vente qui ne figure sur aucune fiche produit : la non-exposition. Elle ne se mesure ni en secondes ni en pourcentage de frais.
Nuances et limites
Le risque en cause est perçu autant que constaté ; la perception oriente les comportements même là où la fréquence réelle est faible.
Et ce motif ne remplace pas les autres : dans le même pays, la commodité et le coût d'encaissement orientent aussi le choix. Il s'ajoute à eux, il ne s'y substitue pas.
Questions ouvertes
- Comment intégrer un critère d'exposition au risque dans une comparaison de moyens de paiement, qui se fait aujourd'hui en frais et en délais ?