Idée

Une base de faits dit ce que prescrit la norme, un système de pensée personnel dit ce qu'elle vaut ici

Idée principale

Deux dispositifs se ressemblent au point d'être pris l'un pour l'autre : tous deux produisent des notes atomiques reliées entre elles. Leur nature diffère pourtant, et l'exemple le montre plus vite qu'une définition — « voici ce que dit la norme NF X 60-010 sur la maintenance préventive » contre « cette norme est mal appliquée dans tel atelier, et voici pourquoi ».

Une base de faits est orientée proximité. L'information y est factuelle et non orientée ; sa qualité se mesure à sa fidélité au texte d'origine, et une note y est bonne quand elle restitue sans ajouter.

Un système de pensée personnel est orienté liens. Il porte des expériences, des intuitions, des thèses ; sa qualité se mesure à ce qu'il fait apparaître, et une note y est bonne quand elle prend position.

Le premier fournit la matière que le second interprète. Aucun des deux ne se déduit de l'autre : accumuler des faits ne produit pas une thèse, et affiner ses thèses ne remplace pas la connaissance du texte.

Pourquoi c'est important

Cela évite le procès en double emploi, qui conduit d'ordinaire à fondre les deux et à perdre les deux : une base neutre polluée d'opinions cesse d'être citable, un système de pensée noyé de définitions cesse de penser.

Cela donne surtout une règle de rangement immédiate au moment d'écrire : ce qui peut être vérifié dans un texte de référence va d'un côté, ce qui n'engage que celui qui l'écrit va de l'autre.

Nuances et limites

La frontière est franche sur une norme et floue partout ailleurs. Une « bonne pratique » est déjà une position, et l'y ranger comme un fait fait passer une opinion collective pour une prescription.

Et la neutralité de la base est relative : les règles d'extraction ont choisi ce qui méritait d'être retenu. Une base de faits n'est pas sans point de vue, elle a seulement un point de vue qu'aucune note n'assume.

Questions ouvertes

  • Qu'est-ce qui, dans un domaine peu normé, tient lieu de texte de référence pour arbitrer ce qui est un fait ?