Idée principale
Un Product Manager qui travaille depuis trois ans avec le même développeur n'a pas besoin d'écrire ce qu'il doit écrire pour un développeur arrivé depuis trois mois. Une équipe qui se parle tous les jours peut laisser certaines choses à l'oral ; une équipe nouvelle, distribuée, ou engagée sur un sujet risqué doit expliciter davantage. La quantité d'écrit nécessaire n'est pas une propriété du sujet, c'est une fonction de ce que les deux côtés ont déjà en commun.
D'où la dérive symétrique du dépôt de trois lignes : imposer des gabarits partout, ajouter des champs, transformer chaque carte en mini-dossier, écrire pour se couvrir plutôt que pour travailler. Des repères comme la Definition of Ready et la Definition of Done aident tant qu'ils restent vivants ; ils nuisent dès qu'ils remplacent le jugement sur ce que l'autre sait déjà.
Pourquoi c'est important
Cela explique pourquoi un standard d'écriture importé d'une équipe à une autre échoue si souvent : il transporte une quantité d'écrit calibrée sur un contexte partagé qui n'existe pas ici.
Cela donne aussi la vraie variable à surveiller. Un turnover, une arrivée, un passage en distribué augmentent le besoin d'écrit sans qu'aucun sujet n'ait changé.
Nuances et limites
Le contexte partagé rend l'écrit moins nécessaire à l'équipe présente, pas à celle qui viendra. Un ticket compris de deux personnes ne l'est plus par le troisième arrivant, ni par la même équipe six mois après.
Et l'appréciation de ce qui est « déjà partagé » est optimiste par nature : celui qui écrit surestime ce que l'autre a en tête.
Questions ouvertes
- Comment détecter que le contexte partagé a baissé, avant que les incompréhensions n'apparaissent dans le travail livré ?